L’interdit de l’intimité sexuelle en (sexo)thérapie.

Je suis actuellement en train de lire le livre d’Irvin Yalom “L’art de la thérapie” qui m’a fait réfléchir à plusieurs éléments concernant le lien entre thérapeute et patient, le cadre, les limites etc. Un des chapitres aborde la question des limites relationnelles entre thérapeute et patient, notamment l’interdiction absolue d’une intimité sexuelle, et les « dégâts » qu’une telle transgression apporte aux protagonistes : thérapeutes et patients mais aussi à la profession dans son ensemble.

Vous devez surement vous demander comment se passent les choses en sexothérapie ?  Eh bien, comme dans n’importe quelle autre thérapie : “Un fort climat sexuel enveloppe l’exercice de la thérapie. Comment pourrait-il en être autrement, étant donné l’extraordinaire intimité qui s’établit entre le thérapeute et le patient. Très souvent ce dernier développe un sentiment amoureux et/ou une attirance sexuelle envers son thérapeute » (Irvin Yalom).

Quand on aborde les choses les plus intimes et pour beaucoup mêmes secrètes avec un/une sexologue, une intimité se crée  – certes !  Ce n’est pas une chose facile, on se dévoile, on laisse « entrer » une personne étrangère dans quelque chose qui est le plus caché et intime de soi. Je remercie intérieurement toujours mes patients pour ceci (ce qui me fait penser, maintenant que j’écris ces phrases que je devrais peut-être les remercier davantage à haute voix 🙂 ).

J’essaie toujours de créer un espace authentique avec le patient, basé sur l’écoute, sur le soutien, sur sa croissance personnelle et son épanouissement sexuel. Je remarque parfois un certain malaise lors du premier entretien, mais les gens s’habituent assez facilement et commencent à parler de leur sexualité d’une façon plus légère, plus détendue, plus naturelle, moins défaitiste et dramatique. Cette forme de discours est une première étape vers la résolution des difficultés sexuelles.

Comme le dit Irvin Yalom « Une thérapie efficace est une séquence alternée d’apparition d’affects (émotions) et d’analyse d’affects ». Alors des émotions existent dans ce cadre sexothérapeutique, autrement je dirais que le travail n’avance pas, mais ces affects sont différents. Je vous assure que tous mes patients et patientes ne développent pas une attirance sexuelle envers moi 🙂 .

Si cela arrive, il y aura assez rapidement un dialogue autour de ce phénomène, d’une façon explicite et claire pour comprendre ce qui s’est passé, les avantages et les inconvénients d’un tel transfert, et ce qu’on fait avec ?

Passer à l’acte avec ses patients serait quelque chose de désastreux pour eux comme pour leur thérapeute. Un (sexo)thérapeute honnête avec lui-même comprend qu’un tel acte est purement égoïste et certainement pas dans l’intérêt du patient. Personnellement, j’aime trop mes patient(e)s pour coucher avec eux!

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